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Comment j’en suis arrivée là

Alice GeaironJe dirige la Cie L’Ouvrage depuis 2015.
J’ai donné ce nom à l’ancienne Compagnie que Dominique Terrier m’avait transmise progressivement, en travaillant ensemble pendant 2 ans. Il avait fondé Métro Mouvance 30 ans auparavant et souhaitait alors que l’outil compagnie, (ses savoirs-faires, son lieu…) puisse être transformé et servir à un(e) jeune metteur(e) en scène. Pendant cette période, nous avons créé, adapté et mis en scène ensemble le spectacle en déambulation Le Grand Troupeau (2015).
Dominique m’a transmis, au-delà de la structure, un sens du « service public » un peu à la Vilar, et une attention singulière aux membres des ateliers de pratiques artistiques (enfants, adolescents, adultes, personnes âgées, malades psychiques, …), un rôle d’accompagnateur de leur propre émancipation à travers l’expérience collective et le rapport à des créations professionnelles.

Dominique m’avait proposé de reprendre la compagnie parce qu’il avait senti que ce serait ma place.
J’avais déjà travaillé avec lui depuis 2009. J’étais comédienne dans les Impromptus Molière (2010) et dans Dors mon petit enfant (2013).

A ce moment-là, j’étais surtout assistante à la mise en scène, auprès de Christophe Piret, au théâtre de chambre – 232U, près de Maubeuge (59). Nous avons beaucoup travaillé ensemble, en particulier sur des projets qui mêlaient des artistes de toutes disciplines et des habitants, sur des formes que Christophe écrivait et qui questionnaient toujours la parole ordinaire, la poésie du quotidien, dans des lieux non théâtraux (maison, caravane, parking, halle, cour, place…). Notre binôme a cheminé intensément au long de 8 spectacles entre 2011 et 2013.

Avant ces années dans le Nord, je faisais partie de l’équipe du Nombril du Monde (79), où j’ai passé 4 années de suite la saison estivale à raconter des histoires. La structure initiée par Yannick Jaulin et ses ombilicologues laissait une grande liberté avec les nombreux scolaires, centres de loisirs et visiteurs en tous genres. J’y ai aussi interprété, le temps des festivals ou de parcours nocturnes, des personnages dans lesquels je me suis bien amusée.

Cette ouverture sur les arts de la rue et l’oralité me distrayait beaucoup l’été tandis que je passais le reste de l’année à étudier plus sérieusement mais avec grand intérêt la dramaturgie à l’Université de Poitiers, où j’ai passé 5 ans, jusqu’au master en 2009.

Je fréquentais également avec assiduité la Cie Cano Lopez, à La Riche (37), et accompagnais l’été José Cano Lopez et son équipe, pour mes premières expériences d’assistanat à la mise en scène, dans le village du Grand Pressigny. Ils y menaient un projet artistique dans la droite ligne des mouvements de décentralisation théâtrale et d’éducation populaire, qui m’a convaincue que je voulais « travailler dans le théâtre ».

Cette curiosité pour le théâtre ne tombant pas du ciel, il faut préciser qu’elle prend ses racines dans l’adolescence par la fréquentation du Théâtre de Thouars – ce qui rappelle que la proximité avec des équipements culturels publics à tarifs modérés est une richesse incomparable – et dans l’enfance au sein d’une famille pratiquant le théâtre amateur dans l’association du village, encore appelée à l’époque Société d’Education Populaire.