--- Les Embellies ---

Théâtre « quasi-comique », 6 personnages dont 1 musicien autour de la liberté qu’on a (ou pas), qu’on prend (ou pas) dans l’usage de notre temps. Que fait-on quand on ne fait rien ? Et pourquoi faut-il faire quelque chose pour être quelqu’un ?

« Je crée ce spectacle parce que mon rapport au temps me pose de multiples questions insolubles : je voudrais m’occuper au maximum de mes enfants sans rien lâcher de mes projets artistiques ; la méditation m’attire sans parvenir à m’arrêter 10 minutes sur une chaise ; la vitesse du monde et des médias m’affole sans être capable de me couper d’internet … et pendant que le temps de mes 33 ans me file entre les doigts j’observe mes contemporains : ceux qui subissent le fait de ne pas travailler, ceux qui souffrent de trop travailler, ceux qui s’ennuient en cours et ceux en maison de retraite, tous ceux qui cherchent leur place dans le rythme des autres, et ceux qui ne se posent pas la question : suis-je libre de faire ce que je veux de mon temps ? » Alice Geairon

Spectacle en salle, tout public, 1h20.

Création 12 & 13 mars au Théâtre de Thouars (79) – 27 mars à l’Espace Agapit, St Maixent l’Ecole (79) – 3 avril au Théâtre Philippe Noiret, Doué-en-Anjou (49) – 26 mai au Théâtre des Carmes, La Rochefoucauld (16)

Note d’intention

Les Embellies, c’est un « théâtre quasi-comique » signé Alice Geairon, dans un montage d’écritures variées : théâtre, romans, essais, chansons, radio … C’est un assemblage de 6 personnages – et comédiens – hauts en couleur et en singularités. Avec leurs fantaisies, leurs absurdités et cet étrange rapport qu’entretient notre époque avec l’usage du temps.

Tantôt absurdes, poètes, philosophes, clowns, ils se débattent avec splendeur dans ces équations : Qu’est-ce que le temps libre ? Que fait-on quand on ne fait rien ? A-t-on vraiment le temps de ne rien faire ? Et pourquoi faut-il faire quelque chose pour être quelqu’un ?

La scène elle-même est un sas hors du temps, une sorte d’agora ou de café déchu. A coup de fantaisies personnelles, nos 6 personnages se rencontrent et se révèlent : L’Homme Qui-a-le-temps, La Femme Soucieuse-de-bien-faire, Le Professeur, La Veille Dame qui Marche, Le Garçon, La Jeune Femme Qui-ne-sait-pas-bien-quoi-faire-de-sa-vie prennent leurs libertés avec le réel. On passe la serpillère au pulvérisateur, on monte un orchestre avec des verres de sirop, on mange même des crêpes avec le public après le spectacle.

Comme souvent chez Alice Geairon on peut voir dans Les Embellies des références à l’angoisse de Godot, à l’énigme de Bartleby, à la gentille cruauté de Sempé, aux gaffes de Gaston, mais aussi à la théâtralité de Deschamps et Makeïeff, à la tendresse que suscite Oblomov, à la Fraternité telle que sait l’écrire Romain Gary… Et toujours l’envie de mettre à l’honneur des personnages modestes, simples et fous, médiocres et majestueux, mais surtout profondément humains.

Les Embellies, c’est une éclaircie théâtrale dans la grisaille du monde.