--- Le projet artistique ---

Un théâtre « quasi-comique », la fantaisie, le montage d’écritures

Alice Geairon, metteuse en scène et responsable artistique de L’Ouvrage, crée un « théâtre quasi-comique ». Clin d’oeil au « tragi-comique », c’est un théâtre qui parle de la vie : de sa part comique, parfois absurde et de son tragique. C’est un théâtre contemporain nourri de fantaisie, sans évacuer les failles, les silences et les mystères de l’individu.

La fantaisie, à L’Ouvrage, c’est une façon de ne pas se contenter du quotidien, de ne pas se conformer tout à fait. C’est une poésie qui redonne de la vivacité à nos perceptions. C’est une façon de danser avec le tragique des choses. C’est aussi un moyen de tenir debout dans un monde écrasant. A travers les textes et les personnages, Alice Geairon invite les spectateurs ou les personnes participant à nos actions artistiques à inventer leurs propres fantaisies, à développer leur « petit jardin frais dans la tête », à ne pas se laisser pousser trop facilement dans des cases.

Car ce sont toujours des personnages modestes, un peu drôles dans leurs fragilités, leurs folies, leurs crises de nerfs. Nous travaillons à leur donner de l’humanité : grandeurs et petitesses. L’humour est distillé, au fil du sourire, autour de nos « ultra modernes solitudes ».

Ce théâtre sensible fait appel à l’intelligence des spectateurs. A revers de la culture prémachée et conçue pour éviter aux gens de penser, c’est un théâtre qui laisse chacun libre de ressentir selon ce qu’il est, reçoit, imagine et interprète. Un théâtre et une pratique du théâtre qui élevent le niveau de pensée et la confiance dans l’intelligence de chacun. Donc un théâtre populaire qui parle à tous – et nous ne disons pas seulement de « comprendre », il s’agit surtout d’être touché. L’intellect a besoin du sensible.

Pour ce faire, L’Ouvrage crée des spectacles pour les salles et aussi pour l’espace public. Enjeu complexe pour la diffusion, oui, mais – tout comme les publics circulent librement d’un festival à une programmation, de la salle à la rue – nous ne voulons pas nous enfermer nous-mêmes et nous gardons ainsi notre liberté, notre créativité. Car si l’on veut que les gens viennent au théâtre, le théâtre doit aussi aller vers eux, partout. Notre implantation volontaire en milieu rural témoigne aussi de ce souci d’aller vers tous, y compris hors des villes centres, et donne lieu, de fait, à une réflexion sur ce type de territoire.

Notre liberté et notre créativité se trouvent aussi dans l’écriture de notre théâtre quasi-comique : montage, collages, adaptations et écriture, pour nos spectacles comme pour les actions artistiques auprès de tous les publics.

La méthode est éprouvée : théâtre, roman, essai, cinéma, radio, BD, chanson … piochant dans des formes et des esthétiques populaires ou plus pointues, d’époque moderne et contemporaine mais sans restriction non plus, le cheminement dans les œuvres crée des croisements inédits, des personnages originaux. Pourquoi cette forme ? Tout comme ce matin, vous avez lu un article qui a résonné avec cette discussion avec vos amis, discussion qui vous avait rappelé un film, film qui vous avait conduit à lire un certain roman … et dans chacun d’eux, une petite chose vous a fait signe, a fait avancer votre pensée, votre compréhension du monde ou de vous-mêmes. Nous procédons ainsi, circulant dans les textes pour mieux nous éclairer sur nos contemporains et tenter de les éclairer en retour sur notre humanité commune.

L’Ouvrage, le projet de compagnie :

Parce que nos créations se nourrissent de nos rencontres avec les publics. Parce que nos actions avec les publics sont nourries par notre recherche artistique.

Parce que nous sommes implantés sur un territoire au nord des Deux-Sèvres où nous travaillons avec de nombreux partenaires culturels et d’autres secteurs. Parce que nous savons tout autant exporter notre savoir-faire sur d’autres territoires et dans d’autres secteurs.

Parce que nous travaillons donc au quotidien dans la mise en œuvre de ce que les textes officiels ont nommé « les droits culturels »

L’Ouvrage – compagnie de théâtre est une compagnie ouverte sur les autres :

En actions artistiques et culturelles toujours sur mesure pour les élèves d’établissements scolaires, les usagers des médiathèques, les patients d’hôpital de jour, les résidents en maison de retraite, les troupes de théâtre amateur, les participants aux ateliers de pratique artistique, les chercheurs d’emploi en parcours de réinsertion, les salariés d’entreprise, …

En partage avec une équipe artistique qui chemine et s’étoffe au fil des créations, des actions de territoire et des ateliers artistiques, avec des comédiens, créateur son, créateur lumière, scénographe ou regards extérieurs tels que : Arnaud Frémont, Rémy Dehame, Mathilde Ulmer, Benjamin Savarit, Sandrine Bourreau, Marie Ragu, Pascal Métot, Géry Courty, Vanessa Jousseaume, Pierre Bayard, Marc Marchand, Dominique Terrier, Marie-Edith Leyssène, Marion Berthier …

En ouverture vers d’autres compagnies (BLAST, Faculté des Amis de Claudette, Mehdi Ouazzani, Théâtre Irruptionnel … ) pour élargir la communauté artistique et coopérer avec d’autres équipes dans une logique de partage et d’échanges, adaptation volontaire, concrète et réaliste face aux enjeux de survie des projets artistiques ambitieux, dans un contexte économique difficile, et un milieu rural qui souffre de l’éloignement des lieux de décision et des réseaux professionnels. Cette problématique d’éloignement qui existait déjà à l’échelle des ex-régions est devenue cruciale pour tous les territoires excentrés – et ce dans tous les domaines – et l’échelle de la région Nouvelle-Aquitaine accentue nettement la difficulté d’aller à la rencontre des acteurs d’un territoire devenu immense.